TestingCatalog, qui suit les fonctionnalités non publiées, a diffusé le 14 septembre une série de captures d'écran révélant un module pas encore activé dans l'application Claude pour iOS, baptisé Claude Money. Il occupe un onglet propre dans la barre de navigation inférieure, dont le texte invite l'utilisateur à relier son propre compte bancaire, afin de pouvoir ensuite interroger Claude sur ses dépenses, son budget et ses décisions financières. La version web ne propose pour l'instant aucun accès équivalent.
Ce que l'on sait reste mince
Les éléments d'interface ne permettent de confirmer qu'une chose : la forme. Il s'agit d'un onglet permanent, et non d'un outil caché dans une conversation ; ce qui est relié est un compte bancaire, pas un relevé ou un fichier CSV importé une seule fois. Cette différence détermine la forme du produit : une connexion continue signifie que Claude peut accéder à un historique de flux accumulé dans le temps, plutôt que de dépendre d'un instantané fourni manuellement par l'utilisateur à chaque fois.
Les descriptions publiques de ce que la fonctionnalité pourrait faire se limitent, pour l'essentiel, aux capacités habituelles de ce type de produit : analyser la structure des dépenses, repérer les prélèvements récurrents, agréger les soldes de plusieurs comptes, visualiser les tendances sur une chronologie. Ces descriptions résultent d'une interprétation des textes de l'interface, et non d'une liste de fonctionnalités officielle.
Ce que l'on ignore encore est plus important, et porte sur des points essentiels : quel agrégateur fournit les données, quels types de comptes sont pris en charge, si des opérations peuvent être déclenchées au-delà de la simple lecture, dans quel palier d'abonnement se situera le prix, dans quels pays le lancement aura lieu en premier, et à quelle date le lancement officiel interviendra. Anthropic n'a publié aucune annonce et n'a pas réagi à ces captures d'écran. Il n'est pas rare, pour ce type de produit, que des éléments d'interface non publiés soient modifiés ou complètement retirés.
Les États-Unis, marché de lancement le plus probable
D'un point de vue réglementaire, lancer d'abord aux États-Unis est la voie la plus simple. Le marché américain de l'agrégation de données bancaires dispose déjà d'une couche intermédiaire mature, où se connecter à un seul acteur suffit à couvrir la majorité des établissements ; dans l'Union européenne, il faudrait en revanche passer par le système d'autorisation de l'open banking, tout en franchissant un contrôle de conformité en matière de protection des données, ce qui représente une charge technique et juridique bien plus lourde. La Chine, de son côté, relève d'un système de comptes et d'exigences réglementaires entièrement différent. L'analyse de TestingCatalog penche également pour un lancement américain en premier, mais il s'agit d'une supposition, pas d'un plan confirmé.
Une trajectoire tracée depuis plus d'un an
En alignant les initiatives d'Anthropic dans le domaine financier, on distingue une trajectoire qui va du côté institutionnel vers le grand public. Les premiers produits lancés ont été dix agents financiers destinés à Wall Street, à l'intention de clients institutionnels ; sont ensuite venus des produits pour conseillers financiers ; plus tard, des connecteurs tiers ont rejoint le catalogue de Claude, permettant à des outils de finances personnelles comme Era Context et PocketSmith de se connecter via MCP — mais il s'agissait alors d'applications tierces greffées sur Claude.
Si Claude Money se confirme, il en serait le dernier maillon : Anthropic construirait elle-même la porte d'entrée et conserverait elle-même la relation de connexion. Ce qui sépare « laisser des tiers se connecter » de « se connecter soi-même à la banque » n'est pas d'ordre technique, mais tient à la volonté d'assumer ou non la responsabilité réglementaire liée aux données financières.
En comparaison, la fonctionnalité Finances d'OpenAI est déjà accessible aux utilisateurs américains éligibles, via le canal Plaid ; plus tôt, OpenAI avait également racheté Hiro, une entreprise spécialisée dans les finances personnelles. Les deux entreprises commencent à converger sur les assistants financiers grand public, et sur ce plan, Anthropic accuse un temps de retard.
Un obstacle incontournable
La partie la plus difficile d'un assistant financier grand public ne réside pas dans les capacités du modèle. La conservation des identifiants bancaires, la durée de rétention des données de transaction, la responsabilité en cas d'erreur, ainsi que la frontière que les régulateurs tracent entre « conseil » et « simple présentation d'information » : chacun de ces points peut repousser la date de lancement de plusieurs mois. Dans le cadre d'une activité institutionnelle, ces risques sont pris en charge par l'équipe de conformité du client lui-même ; en s'adressant directement à des particuliers, c'est Anthropic elle-même qui en porte la responsabilité.
En attendant une position officielle d'Anthropic, un seul élément peut être confirmé à ce stade : cet onglet a bien été intégré à l'application, et ce, au point d'avoir pu être repéré de l'extérieur.
Sources : TestingCatalog, CocoLoop, CryptoBriefing ; les détails d'interface reposent sur la description de captures d'écran publiques, et le périmètre de la fonctionnalité comme le calendrier de lancement ne font l'objet d'aucune position officielle pour l'instant.